Pensées Positives - Equilibres et Médiations
Temps de lecture : 5 minutes

LE PROBLÈME EST DONC PLATON

 

 

Une situation qui pose interrogation, et elles sont multiples les interrogations ;

Une situation qui nous surprend et face à laquelle nous sommes démunis ;

Une situation où la notion de « danger de mort » est sans cesse alimentée par les pouvoirs publics et les institutions ;

Une situation où toute tentative d’issue ne relève que de la pure fiction, alors même que le maintien dans cette situation semble tiré de la plus pure des fictions jamais imaginées ;

 

Pensées Positives - Equilibres et Médiations

 

Alors que seul le savoir pourrait nous permettre d’imaginer, nous voilà privés d’imagination car le savoir est en panne est c’est bien ici le seul savoir durable disponible. Oui, Platon est de retour ! « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». Nul ne peut savoir puisque nous ne savons pas…

Au temps du Confinement Ier, nous sommes partis nombreux en quette d’analyses et de prospectives, qui plus pessimiste, qui moins optimiste, certains que l’issue à court/très court terme, nous délivrerait le secret et la feuille de route d’un avenir plus sain, plus protecteur, plus juste, plus durable, plus équitable, sommes toutes, plus….

Après une courte période de déconfinement, à peine le temps de commettre quelques imprudences, revoir la famille, sortir un peu pour retrouver les survivants du Confinement Ier, ces quelques cinémas, ces quelques restaurants résistants de la première heure, ces amis si proches que l’on souhaite retrouver autour d’une table, et voilà que le Confinement II s’installe et emporte cette toute petite lueur de savoir que l’été nous avait fait miroiter : à la rentrée, nous allons reprendre ceci, nous allons lancer cela, nous pourrions tenter de récupérer ces quelques actions suspendues, pensant savoir que dès à présent, on sait ce que l’on a à faire : Que nenni !! On ne sait rien, le savoir n’est qu’un souvenir d’un temps révolu qui aujourd’hui ne nous sert plus à grand-chose. Et comment savoir dans quelle direction se tourner alors que nous ne savons même plus à quel point nous sommes… ! car pour savoir, il vaut mieux savoir tout de même !

 

Lapalisse est bel et bien parmi nous.

 

Nous avions évoqué une multiplicité de scénarios impliquant des renoncements circonscrits dans le temps :

  • L’activité touristique dans son ensemble sera revue à travers le prisme de la pandémie. Des précautions seront durablement adoptées pour affronter d’éventuels infections à venir :
  • L’hôtellerie devra revoir un certain nombre de paramètres propres à l’hébergement comme à la restauration. L’offre devra présenter des conditions d’hygiène optimisées, des prestations adaptées à la nouvelle réalité tendront à l’élimination de certains comportements comme les buffets ouverts, la consommation dans les bars et autres lobbys ;
  • Les conditions de réservation et d’annulation d’hôtels, de transports, etc. seront assouplies pour permettre une réactivité plus adaptée ;
  • Le secteur des transports est à revoir dans le sens d’une réduction du volume des ventes pour permettre un espacement entre les passagers plus respectueux des principes de la distanciation sociale ;
  • Le secteur de la culture et des loisirs, un des plus créatifs et des plus inventifs de toute l’activité humaine, devra se réinventer dans un espace virtuel qui aura le mérite de contenter 50% de l’humanité au détriment d’une autre moitié qui ne retrouvera jamais le goût indescriptible d’une exposition de peinture où la découverte et l’émerveillement côtoient l’échange et où l’artiste devient le fil conducteur irremplaçable et à la portée de tous ;
  • Le spectacle vivant de petit théâtre, le cinéma d’art et d’essai, ces petites salles de concert dont le modèle économique est basé sur une assistance massive d’un public averti, ces salles pleines à craquer qui n’ont jamais rencontré la distanciation sociale mais qui au contraire ont tout fait pour l’éloigner, la distanciation ;
  • La restauration de bistrot, de quartier, ce petit coin où les 10 tables disponibles permettent à un cercle d’initiés de jouir des largesses culinaires de ce patron venu d’un temps passé pour réinterpréter notre présent, cette restauration ne pourra certainement pas s’adapter aux nouvelles règles de distanciation, simplement parce qu’elle est née pour rapprocher et pas pour distancier et que du surcroît, sa survie économique en dépend.

Que devient le monde de la rencontre, celui même qui nous a construit, celui qui nous a façonné pour faire de nous ce que nous sommes ? Qui détient les clés du changement d’ADN auquel il faudrait se résigner au moins pour un temps…indéfini ?

Nous sommes formatés pour créer, inventer, reproduire, comparer mais toujours à partir de quelque chose, d’une matière, d’un échec, d’une tentative heureuse ou malheureuse, d’un modèle à attaquer ou d’un exemple à reproduire mais, aujourd’hui, au temps du Confinement II, nous sommes confrontés à un espace vide et de non-savoir sans précédent.

Une fois plongés dans cet environnement à peine anxiogène et très accessoirement dépressif, nous pourrions aborder la question économique qui se dresse devant nous et qui touche absolument tous les secteurs, directe ou indirectement, car même si les Amazone et autres Click & Collect voient de belles performances dans l’actualité, l’effondrement de l’ensemble de l’économie productive conduirait inévitablement à l’assèchement des ressources de l’acheteur sur le net. Nous n’en sommes pas là mais n’oublions pas que nous ne savons pas et que par conséquent, nous ne pouvons donc savoir.

Aux effets dévastateurs du Confinement Ier viennent se greffer les dégâts d’un premier mois de confinement II : entre 50 et 75 Mds de pertes, entre 2 et 2,5 points de PIB par mois, plus ou moins 800 000 emplois détruits d’ici la fin de l’année. S’ajoute à cela quelques 10 Mds de dépenses d’intervention de l’État. Il faut dire que « quoi qu’il en coûte » commence à dégager quelques chiffres auxquels il convient d’ajouter un élément essentiel que le FMI pointe à juste titre: le niveau d’incertitude anormalement élevé constitue un critère d’aggravation dans un contexte d’érosion globale de la confiance. Nous sommes bien d’accord, le problème c’est Platon car nous ne savons rien !

Alors en attendant d’en savoir plus dans un avenir incertain, nul ne pourrait nous en vouloir si nous nous occupions à émettre des vœux, comme ces lettres que nous avons régulièrement écrites au Père Noël même si nous n’avons pas toujours reçu la réponse espérée. Il en sera probablement de même ici :

 

  1. Pour nos amis du monde de la culture, du spectacle, de l’art, de la musique, de la danse, les musées, les galeries d’art, pour tous ceux qui contribuent à rendre nos vies plus belles et qui nous garantissent une magie éternelle, nous souhaitons l’abolition des dépôts de bilan et autres fermetures à caractère irréversible, et cela COUTE QUE COUTE !
  2. Pour les commerçants des secteurs dits « non essentiels » et qui constituent l’essentiel de notre capital « rêves », nous demandons le maintien de leur activité, sans discontinuer et ce jusqu’en Décembre 2100, date à laquelle il n’y aura plus de virus car nous aurons muté et nous serons génétiquement incompatibles à toute maladie, infectieuse ou autre.
  3. Pour nos amis du secteur de la restauration, bars, restaurants, brasseries et autres bistrots enchanteurs, nous demandons l’abolition des fermetures administratives et l’interdiction des liquidations judiciaires jusqu’à la date de notre mutation génétique prévue en 2100, tel que nous vous l’annoncions ci-dessus. Bien sûr, cela COUTE QUE COUTE !
  4. Pour nos amis du « voyage » lointain ou de proximité, nous demandons des transports non polluants, des hébergements écologiques et respectueux de notre planète. N’ayant pas le temps d’attendre 2100 et nos mutations génétiques, nous demandons des aides suffisantes et de nature à leur permettre une transition sereine et accompagnée, qui nous permettre de poursuivre l’activité indispensable de la rencontre avec la culture du « différent » et du « lointain », COUTE QUE COUTE !

Pensées Positives - Equilibres et Médiations

 

Voici notre première lettre de vœux qui ne demande qu’à être enrichie par vos souhaits à l’issue de sa lecture.  Puisque nous ne savons rien, puisque l’incertitude est de mise, occupons l’espace de pensées positives et ne laissons pas le vide prendre le dessus.

Paroles de médiatrice !

 

 

 

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